Representation ou exclusion !? :

By May 14, 2008 No Comments

 

Le citoyen a le droit de concourir à l’élaboration de la loi, il y participe directement par la voie des représentants.

Comme société civile, comme sujet moral (même si cette notion n’est pas encore bien établie au Maroc) On est en droit de se demander sur le bien fondé de cette représentativité, sur sa légitimité, sur l’absence totale de concertation avec les personnes moraux ou physiques qu’elle est sensée représenter.

Sur quelle volonté citoyenne se sont basées les lois élaborées et adoptées, sachant pertinemment que la représentation ne reflète point le choix des citoyens mais répond aux besoins traditionnels de distribution de pouvoir.

Subir une loi découlant d’une représentativité dont la validité est douteuse est immoral et met en cause le principe de l’Etat de droit lui-même.

Repenser la représentation et la fonder sur des principes participatifs plus souples, plus élaborés et transparents est l’un des défis que doit relever la société civile comme force de proposition.

 

Referendum et citoyenneté directe  :

 Il est très clair que l’Etat et les partis traditionnels, même socio démocrates, convertis au néolibéralisme par la puissance subversive du capital mondial intégré , sont et seront encore de plus en plus contraints de céder et de privatiser des secteurs publiques aux firmes et instances capitalistes .Céder des secteurs aussi importants que l’eau , l’électricité , les médias , , la santé et éventuellement l’éducation a des firmes qui échappent au contrôle du citoyen revient à dire que le destin du citoyen ainsi que le devenir de sa mentalité , sa culture, sa vie sociale seraient décidés et gérés par des tiers qui font déjà tout pour créer, par des procédés de subjectivation puissante, des êtres répondant au seul critère du marché , contrôlés et canalisés à distance. Il est facile d’imaginer( et ce n’est pas que pure fiction) que dans cette perspective ,un simple refus d’une décision imposée et venant d’ailleurs , une simple dénonciation d’un aspect fâcheux du capital mondial sauvage sera perçu par ce même capital comme étant un délit à sanctionner , coupure d’eau ou d’électricité seront(parmi d’autres) les nouvelles formes de sanction punitive collective ,et tout Etat soutenant ses citoyens contre des mesures qui leur seraient catastrophiques, aura à subir également les mêmes sanctions, étant donné qu’il ne sera dans cette perspective qu’un usager parmi d’autres .

C’est pourquoi, la société civile,afin de responsabiliser les citoyens et renforcer les institutions doit proposer d’élargir le champ du referendum et de recourir plus fréquemment au suffrage universel chaque fois que les décisions ou les projets de lois concernent directement la politique économique ,sociale ou culturelle de la nation.

 

Citoyen et exclusion  :

Il est difficile de parler d’exclusion dans le cas du Maroc. L’exclusion est une notion récente résultant des mécanismes propres aux pays développés et leur système socioéconomique en mutation continue.

Au Maroc il faut encore parler de pauvreté plutôt que d’exclusion .pauvreté qui n’est pas fatalité en soi, mais conséquence du disfonctionnement des institutions, d’absence de système de distribution des richesses et de solidarité institutionnalisée

Des lois, le pauvre n’en connaît ou n’en subit plutôt que l’aspect coercitif, devoirs sans droits et obligation sans protection.Or l’Etat de droit est sensé garantir les deux aspects à la fois. Il est vrai toutefois qu’il ne suffit pas d’appliquer les droits de l’homme pour résoudre le problème , mais créer des droits spécifiques relatifs à chaque cas , c’est bien le rôle de tout les acteurs de le société civile d’élaborer des jurisprudences et proposer des alternatives .

Dépendante encore du domaine caritatif et charitable, la solidarité doit être institutionnalisée, la société civile doit imaginer et proposer des solutions adaptées aux réalités socio économiques. Ainsi des contributions minimales proportionnées et obligatoires devraient être envisagées non pour assister les démunis mais pour les insérer dans une perspective citoyenne les obligeant à participer à des activités d’utilité publiques. le RMI français est un bon exemple

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